Le cheveu, c'est notre vie en raccourci, son résumé pour le meilleur et pour le pire.

- Le cycle de vie du cheveu est 40 fois plus rapide que celui de la peau. Sa durée de vie n'est que de 4 ans en moyenne alors que celle de la peau est estimée autour de 130 ans. Son bulbe pileux produit environ 40 cycles de cheveux en une vie (génétiquement déterminés). Il ne semble pas qu'on puisse bénéficier d'un "rab": aussi les personnes très âgées sont-elles chauves par épuisement pileux. Le cheveu pousse de 12 à 15 cm par an et reflète fidèlement l'état physique et psychique, le style de vie, les saisons (pousse estivale et chute automnale...). Le déroulement accéléré de son histoire résume notre vie quotidienne.

- En vieillissant (après 40 ans), le cheveu s'affine et se casse, i1 cumule les sous- et les sur-stimulations hormonales: hormones sexuelles mais aussi thyroïdiennes et hormones de stress (cortisone). Quand il y en a trop, il raccourcit son temps de vie, quand il n'y en a pas assez, il dépérit et fait pauvre figure.

Avouons-lui des spécificités ethniques et sexuelles. Le sud de la France méditerranéen est propice aux "touffes", la calvitie y est moins répandue qu'au nord, mais on y blanchit plus vite. De façon générale, les hommes sont plus "calvitiés" (41%, dont 9% très chauves) que les femmes, mais celles-ci blanchissent plus (70% contre 50% à âge égal). L'étude nationale SUVIMAX montre que les cheveux blancs sont particulièrement fréquents en Ile-de-France: les cheveux des déprimés ont une durée de vie écourtée, y aurait-il une histoire de stress là-dessous?

- L'alimentation joue un grand rôle, en particulier sa teneur en minéraux et en acides aminés: le constituant principal du cheveu est la kératine (trame d'acides aminés) qui a besoin de soufre. Les autres minéraux sont présents ainsi que les polluants ingurgités (on analyse les cheveux pour dénoncer la prise de dopants). Une alimentation équilibrée, riche en soufre, est donc souhaitable: le cheveu est dans la soupe!

- Quelques précautions générales à respecter, comme ne pas tirer sur ses cheveux en permanence: du calme avec les brushings, les mises en plis, les tresses et les queues de cheval. Certains nerveux tripatouillent leurs cheveux sans cesse; ils souffrent de trichotillomanie, entraînant une disparition totale des poils de la zone tiraillée, heureusement transitoire si l'on arrête l'agression.

Notre santé se lit dans nos cheveux. Les médecins commencent à s'en préoccuper sérieusement. Sachons les garder longtemps en évitant l'excès de soins autant que la négligence.

Un ornement "magique"

La chevelure exerce une puissante séduction. La déesse grecque de l'amour, Aphrodite, est apparue sortant des eaux méditerranéennes vêtue seulement de son opulente chevelure d'or mouillée. Effet garanti sur les spectateurs! Une belle crinière impressionne, signe de vitalité exigeante et saine. La mode du crâne rasé pourrait s'interpréter comme une ruse (le loup déguisé en agneau). Mais c'est aussi un subterfuge élégant face aux traitements ou maladies qui rendent chauves. Prudence, donc, dans l'interprétation...

Zoé Xiun